Seule Venise de Claudie Gallay
Une fois n’est pas coutume, célébrons un texte qui date un peu.
J’ai dévoré et fini hier soir « Seule Venise » (2004) de Claudie Gallay, auteur française née en 1961 et qui vit dans le Vaucluse.
A quarante ans, la narratrice quittée par son compagnon vide son compte en banque et se rend à Venise en hiver pour ne pas mourir de chagrin.
A la veille de Noël, pas de touristes… La ville est vide. Seuls les pensionnaires de l’auberge où elle loge quelques semaines l’extirpent de sa solitude : un prince russe, une danseuse et son amant… un libraire mystérieux et solitaire dont elle fait connaissance dans la ville. A la fois pathétiques et drôles chacun à leur façon…
Quelle belle découverte ! Les débuts étaient plaisants, pas exceptionnels, mais c’est au fil de l’eau que je me suis prise au jeu de ce magnifique texte.
Je m’imagine les paysages de Venise en hiver et déserte (je les visualise en photos noir et blanc avec des touches de bleu acier épuré).
Vraiment sublime, poétique, mélancolique… et cette évocation d’une Russie d’un autre temps à travers le personnage de l’aristocrate russe c’est beau et émouvant. Et puis ça me fascine ces paysages de grand Nord…
Pour moi le personnage principal c’est Venise prête à sombrer, ville d’autant plus belle qu’elle est en danger…
L’écriture est particulière aussi. Elle déconstruit la grammaire comme l’a fait Marguerite Duras dans « Le Barrage contre le Pacifique » (que la narratrice lit, d’ailleurs, dans l’histoire…)
Je garde cet auteur en tête et lirai à l’occasion d’autres de ses textes. Très jolie découverte qui invite à l’introspection.
Caroline Nouzille
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